dimanche, 11 mars 2007

La Francophonie, priorité diplomatique pour Nicolas Sarkozy

medium_Discours_Caen_BIG.jpgDans un discours prononcé à Caen, le 9 mars dernier, le candidat Nicolas Sarkozy a fait un long développement sur la langue française, la Francophonie et la diversité culturelle : « La France c’est une langue, une langue qu’elle met à la disposition de tous les hommes. Le Français c’est l’âme de la France, c’est son esprit, c’est sa culture, c’est sa pensée, c’est sa liberté. C’est le droit de penser autrement que selon la pensée dominante Â».

C’est la première fois que le candidat se prononce aussi clairement en faveur de la Francophonie qu’il place au rang de « priorité diplomatique Â» : « Nous avons le devoir pour nos enfants, pour l’avenir de la civilisation mondiale, pour la défense d’une certaine idée de l’homme, de promouvoir la langue française. Si je suis élu, je mettrai la francophonie au rang des priorités diplomatiques de la France. Je renforcerai tout à la fois le dispositif de l’action culturelle de la France à l’étranger et l’aide à la création, parce que c’est par la création que le Français rayonne. Â»

Défendant la diversité culturelle, il s’en est également pris à la langue unique : « La diversité linguistique c’est la condition de la diversité culturelle et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. La langue n’est pas une marchandise, la langue n’est pas une technique. L’obsession d’une langue unique au prétexte de l’efficacité est un leurre qui masque les effets de domination de la pensée unique dont la langue unique est l’antichambre. Mais l’efficacité n’est même pas prouvée : la Renaissance où tout le monde s’est mis à penser et à écrire dans sa langue nationale fut plus féconde pour la pensée humaine que les longs siècles de domination exclusive du latin, comme si la créativité était bel et bien inséparable de la diversité. […] Je me battrai pour que soit généralisé partout en Europe l’enseignement de deux langues étrangères parce que c’est la seule façon efficace pour que l’hégémonie de l’anglais soit battue en brèche. Â»

Nicolas Sarkozy a poursuivi par une série d’engagements en faveur de l’emploi de la langue française : « Je veillerai à ce que dans les entreprises installées sur le territoire français la langue de travail soit le Français dès lors qu’il n’y a aucune nécessité économique ou commerciale qui oblige à s’exprimer dans une autre langue. Je me battrai pour que dans les instances européennes et à l’ONU le Français continue d’être employé. Ce sera naturellement une obligation absolue pour tout représentant de la France dans des organisations internationales. Â»

Invoquant Frédéric Mistral, il s’est enfin montré soucieux de l’avenir des langues de France : « le patrimoine linguistique de la France, ce n’est pas seulement le Français, c’est aussi l’extraordinaire richesse de ses langues régionales. […]Je souhaite que leur enseignement soit correctement pris en charge par l’éducation nationale. Je souhaite que l’on soutienne leur pratique et leur diffusion. Mais je ne veux pas de cette logique de confrontation avec le Français que cherchent à faire prévaloir certains indépendantistes qui veulent en finir avec l’unité française que nous avons mis si longtemps à construire et qui reste le bien le plus précieux mais aussi le plus fragile que nous ayons à léguer à nos enfants. Â». Pour autant, il précise qu’il n’est pas favorable à l’adoption de la charte européenne des langues régionales : « je ne veux pas que demain un juge européen ayant une expérience historique du problème des minorités différente de la nôtre puisse décider qu’une langue régionale doit être considérée comme langue de la République au même titre que le Français. Â»


jeudi, 15 février 2007

L’Appel des députés français à plus de francophonie

medium_logo_an.jpgDans un "appel solennel" et unanime de la Commission des Affaires étrangères, les députés français s’adressent aux candidats à l’élection présidentielle : « la langue française ne doit pas être la grande oubliée du débat présidentiel ». Ils demandent aussi « aux plus hautes autorités de l'Etat de prendre conscience de la nécessité de faire de la promotion de la langue française une priorité nationale ».

Présidée par l'ancien Premier ministre Edouard Balladur (UMP), la Commission soumet « 12 propositions pour renforcer la place du français dans les organisations internationales, au sein des entreprises, dans les systèmes éducatifs, sur internet et dans les médias ». Elles sont contenues dans un rapport d'information sur la langue française dans le monde que la Commission vient d’adopter à l’unanimité. Elle propose notamment de « faciliter l'obtention de visas pour les élèves étrangers scolarisés dans les lycées français à l'étranger, la création à l'étranger d'antennes universitaires françaises, ou encore la création dans le cadre de l'aide publique au développement d'un corps de volontaires francophones » [Sources AFP] Sur ce dernier point, rappelons que l'Organisation internationale de la Francophonie lancera en 2007 un projet-pilote de volontariat francophone.

mardi, 13 février 2007

Ségolène Royal se réjouit du nombre de francophones

Décidemment, la Francophonie est pour le moment, tout au plus évoquer dans la campagne présidentielle. Après Nicolas Sarkozy, ce fut au tour de Ségolène Royal d’évoquer le nombre de francophones, près de « 300 millions » en 2050, lors de son dernier discours à Paris-Villepinte (11 février 2007): « La France […] c'est également une langue dont Fernand Braudel nous a enseigné la part qui est la sienne dans la construction de notre identité. N'oublions jamais la dimension de la francophonie. Il y aura en 2050 trois cents millions d'hommes et de femmes qui parleront français. Je souhaite qu'il y en ait davantage, bien davantage, je souhaite une France qui parle dans sa langue, sa propre langue au monde qui nous entoure ». Si on mesure avec la candidate le potentiel d’un si grand nombre de locuteurs, on reste toujours en attente de savoir ce qu’un président français (ou une présidente) compte faire de et pour la francophonie.

jeudi, 08 février 2007

L’ambition méditerranéenne de Nicolas Sarkozy

A l’occasion d’un rassemblement à Toulon, le 7 février 2007, Nicolas Sarkozy a indirectement parlé de francophonie en appelant à la création d’une « Union méditerranéenne », à l’exemple de l’Union européenne : « C'est à la France, européenne et méditerranéenne à la fois, de prendre l'initiative avec le Portugal, l'Espagne, l'Italie, la Grèce et Chypre, d'une Union Méditerranéenne comme elle prit jadis l'initiative de construire l'Union européenne […] l’union de la Méditerranée pourrait s'organiser autour d'une rencontre périodique de ses chefs d'Etats et de gouvernements comme les grands pays industrialisés ont leur G8. Elle aurait un Conseil de la Méditerranée comme l'Europe a le Conseil de l'Europe ».

Le Méditerranée est aussi une région privilégiée pour la langue française. Reste que le candidat n’en a pas dit un mot. Enfin, il ne faudrait pas qu’une telle Union, si elle devait voir le jour, ne fasse du Sahara une nouvelle frontière cloisonnant l’Afrique du Nord de l’Afrique sahélienne.

samedi, 27 janvier 2007

Corinne Lepage répond à Jeune Francophonie

medium_corinnelepage_cap21.jpgJeune Francophonie - La francophonie évolue en France sous le signe de la controverse, qu’elle soit méconnue, inconnue ou même lorsqu’elle est connue car le terme est lui-même équivoque. Quelle est votre définition de la francophonie ?

 
Corinne LEPAGE - Pendant longtemps la francophonie a été caricaturée ou du moins réduite dans la portée de son message, par l’utilisation qu’ont pu en faire certains courants de pensées, la basant sur la nostalgie d’une certaine grandeur de la France, pour paraphraser le Général de Gaulle. Par ailleurs, la francophonie semble ne revêtir que de fraîche date une dimension plus « politique » qui lui donne son « F » majuscule. La Francophonie, ce sont ainsi des actions diplomatiques et de coopération culturelle et technique liant désormais 68 Etats, qui prennent part activement aux grands débats du multilatéralisme, comme l’atteste la reconnaissance récente de la diversité culturelle comme en jeu politique dans la mondialisation.

De fait, l’Organisation Internationale de la Francophonie) les quatre opérateurs directs (TV5, l’Agence Universitaire de la Francophonie l’Association Internationale des maires francophones, l’Université Senghor d’Alexandrie,) et l’Assemblée parlementaire de la Francophonie, assemblée consultative, sont des acteurs d’un nouveau système international de plus en plus démocratisé comme l’a rappelé le XIème Sommet tenu en septembre dernier à Bucarest.

J’y vois au contraire, pour ma part, l’expression la plus universaliste d’une certaine vision des rapports entre individus. La francophonie c’est bien évidemment, en premier lieu, l’usage de la langue française, seule langue avec l’anglais à être parlée sur les cinq continents, par 175 millions de locuteurs. Ensuite, la francophonie, au travers d’une histoire partagée, quoique parfois douloureusement, s’est nourrie des apports successifs à la construction d’identités fortes parce qu’à la fois collectives et soucieuses des histoires nationales.

La francophonie c’est aussi un lieu de débat fécond pour humaniser la mondialisation et conjuguer au pluriel les notions de fraternité, de laïcité, d’humanisme, de solidarité entre les peuples, d’intégration républicaine, de diversité culturelle, de dialogue des civilisations et de co-développement, pour n’en citer que quelques unes… 

Je pense ainsi pour ma part que la francophonie n'est ni un repli identitaire sur soi, ni la nostalgie d'un passée révolu..., et encore moins un substitut à l'intégration européenne, comme cela a pu être parfois instrumentalisé. La « francophonie puissance » se veut ainsi le témoignage vivant qu'un autre monde est possible.

 
Jeune Francophonie : Quelles places la langue française et la francophonie comme instrument de la politique extérieure de la France occupent dans votre programme ?

 
Corinne LEPAGE - J’ai décidé de placer mon action résolument sur un mode volontariste, à la manière de Dominique Wolton qui dans son ouvrage Demain la francophonie rappelait tel un credo que « Hier la francophilie, aujourd'hui la francophonie, demain la francophère ! ». La promotion de la langue française et la francophonie sont des enjeux que je souhaite promouvoir avant que l’on ne doive les sauvegarder.

Je souhaite réaffirmer le caractère fondamental de la langue française au sein des organisations internationales afin de ne plus voir les représentants nationaux oublier que le français est une des  langues de travail au sein de l’ONU, comme la plupart des organisations internationales - notamment au sein des institutions de l’Union européenne - ou pour éviter de voir les instruments vitaux que sont les alliances françaises, centres culturels et établissements scolaires fermer les uns après les autres… 

Le combat pour le plurilinguisme est tout aussi vital, notamment au niveau des brevets européens et du réinvestissement linguistique au niveau des technologies de l'information et de la communication. C’est résolument un combat légitime quand on sait que pas plus de 5% des pages consultées sur internet le sont en français.

C’est également particulièrement vrai au niveau des Nouvelles Technologies liées à l’Environnement (NTE), qui est le grand secteur de développement économique, de ré-industrialisation en France et en Europe et de lutte contre les délocalisations de demain. Par ailleurs, il est déterminant de ne pas céder à l’air du temps qui voudrait que l’on abandonne une politique d’attribution de bourses ambitieuse qui inscrivait pourtant la « Francosphère » dans la réalité du co-développement. C’est là un dossier à la hauteur des 710 millions d'habitants des 68 Etats membres de la Francophonie.

La prise en compte des grands dossiers planétaires, que sont l’engagement et le suivi de politiques ambitieuses de développement durable, de protection des ressources naturelles, de promotion d’une éco-responsabilité partagée est un autre sujet sur lequel la francophonie doit avoir prise et les moyens d’agir concrètement sur le terrain.

Car les fronts sur lesquels il y a urgence à agir (prise en compte des ravages liés à la déforestation, raréfaction des énergies fossiles, atteintes à la biodiversité ou encore l’anticipation face aux évolutions climatiques, telles que la fonte des glaciers, la montée du niveau des océans, ou la destruction des littoraux et des récifs coraliens) nécessitent un cadre de dialogue, déconnecté des jeux d’hyper-puissances.

Je l’ai indiqué précédemment, la francophonie ne saurait être ni la survivance du colonialisme, encore moins de la « FrancAfrique » et des pratiques douteuses. Faut-il pour autant s’amender de ce formidable outil de promotion de l’influence de la France dans le monde... ? Je ne le pense pas. Bien au contraire, au-delà des idées reçues, la capacité de la Francophonie, dopée par un volontarisme politique renouvelé, s’inscrit dans le traitement des grands enjeux internationaux comme l’éradication de la pauvreté, la prévention des conflits, la reconstruction post-crise ou encore la promotion de la démocratie et des droits de l’homme.

Le Plan d’action qui ponctue chaque mandat du Secrétaire général de l’OIF, notamment depuis le Sommet de Beyrouth en 2002, témoigne des missions dans lesquelles la francophonie doit jouer un rôle majeur. Le développement durable de la coopération au service du développement durable et de la solidarité.

La dernière réunion de l’OIF consacrée à la sécurité humaine et à la prévention des conflits en mai dernier au Canada va également dans ce sens. La notion de sécurité humaine, s’entendant comme étant la nécessaire prise en compte collective des menaces chroniques que peuvent être les famines, les pandémies, les catastrophes écologiques, l’épuisement des ressources vitales, générant par-là même des phénomènes de violence et d’instabilité démocratique est également un chantier « global » sur lequel une politique extérieure française cohérente devrait pouvoir agir, ouvrant ainsi la porte à des règles de représentations plus équilibrées au sein du multilatéralisme. 

Sur un autre domaine, je défends ainsi résolument l’élargissement de l’OIF à des Etats où les locuteurs français sont importants, à l’instar d’Israël où avec 500 000 francophones recensés, cela couvre près de 20% de sa population. Ce serait là un geste fort de nature à repositionner le rôle de la France dans le processus de paix, source de tensions régionales depuis trop longtemps.

 
Jeune Francophonie : Pour vous, quelles sont les raisons qui font que la Francophonie - qu’elle soit intergouvernementale, nationale ou associative - soit désormais devenue un enjeu moderne ?

 
Corinne LEPAGE - La francophonie est, en effet, fortement mobilisatrice et demeure un formidable enjeu pour la jeunesse, comme l’y incite la démarche engagée avec justesse par Jeune Francophonie.

Ainsi, pour devenir enfin une communauté d'esprit et d'actes dont l'avenir s'inscrit plus au pluriel et dans la diversité, que dans une forme d'exception culturelle qui confine plus à l'exclusion, la force et la diversité du réseau associatif, dopé par les technologies de l’information et de la communication est un atout considérable.

L’agenda de la francophonie trouve ainsi une caisse de résonance tant dans l’édition, la production audiovisuelle, cinématographique et radio, la presse écrite et virtuelle. Ses enjeux sont liés à l’éducation et à la construction de la connaissance, de la formation et de la recherche, qui sont les pierres angulaires du développement équilibré des peuples à travers la planète.

Pour ce faire, l’activisme de la société civile est un puissant facteur dans cette direction. J’appelle pour ma part à la création d’un Conseil de la société civile, qui participe d’une nécessaire constitutionnalisation de la démocratie participative, qui doivent guider les grands enjeux planétaires. L’engouement associatif pour les grands rendez-vous internationaux, comme l’a montré le Sommet de Bucarest ou celui de Ouagadougou en 2004, le démontre aussi. Pour tenir compte de cette réalité, la mise en place d’une instance d’avis consultatif dans laquelle la société civile francophone puisse exprimer ses propositions est particulièrement bienvenue, à l’instar de ce qui existe au sein de plusieurs agences onusiennes ou à l’instar de la plate-forme des ONG prévu dans le cadre du Processus de Barcelone. De fait, le Comité des ONG francophones doit s’affirmer sur l’agenda officiel des grands-rendez-vous francophones.

Cette structure novatrice viendrait sans aucun doute enrichir le nouveau mécanisme de conseil d’analyse et de proposition évoqué par le Secrétaire général Diouf il y a peu, notamment dans le cadre de l’élaboration du cadre stratégique décennal qui définissent à long terme les objectifs de la francophonie.

Des actes symboliques sont aussi urgents. Ainsi au-delà de la complexité institutionnelle, la mobilisation associative de la famille francophone est un facteur déterminant, à l’instar de la victoire obtenue à l’Unesco en octobre 2005 en faveur de la reconnaissance de la diversité culturelle.

Ces messages à adresser à l’opinion publique, pourraient être l’utilisation du drapeau officiel de la francophonie à côté des drapeaux nationaux, fédéraux, européen, ou encore l’ajout dans notre Constitution d’une phrase rappelant que la « République participe à la construction d'un espace francophone de solidarité et de coopération », comme souhaitait l’inscrire l’ancien ministre des Affaires étrangères Maurice Schumann, rappelant ainsi combien la promotion de la francophonie et l’avenir européen vont de pair. Je salue ainsi les nombreuses initiatives associatives qui oeuvrent dans ce sens.

C’est d’ailleurs particulièrement vrai depuis l’entrée dans l’Union européenne de la Roumanie et de la Bulgarie qui accrédite la thèse selon laquelle la francophonie continentale est facteur d’intégration. Le plan d’action pour le français dans l’Union européenne en est un exemple concret à poursuivre.

Forte de ces actes symboliques et gestes significatifs, nous agirons concrètement en faveur d’une prise en compte ostentatoire du sentiment d’appartenance à un même espace. Nous sentirons-nous peut-être ainsi, un peu plus francophones pour bâtir autour de cette « langue en partage » qu’est le français, un monde plus juste et garantir des rapports entre les peuples plus équilibrés, « unis dans la diversité » comme nous y invite d’ailleurs le projet européen, dont incontestablement la France doit rester un des moteurs pour les années à venir et en particulier dès le 1er janvier 2008, date à laquelle la France prendra la présidence semestrielle de l’Union. 

Ce serait là également un message fort qui porte la modernité de la francophonie, comme n’a eu de cesse de le rappeler Léopold Sédar Senghor, dont nous avons fêté en 2006 le centième anniversaire de sa naissance. Ce dernier n’évoquait-il pas la francophonie comme « un humanisme intégral qui se tisse autour de la terre. C’est la symbiose des énergies dormantes de tous les continents, de toutes les races qui se réveillent à leur chaleur complémentaire » ?

 

lundi, 22 janvier 2007

Le Québec dans la présidentielle

medium_boisclair.jpgAndré Boisclair effectue sa première visite officielle en France comme président du parti québécois et chef de l’opposition officielle. Il arrive aujourd’hui, lundi 22 janvier pour un séjour qui se terminera le 26 janvier. Néanmoins, à quelques jours de cette visite, l’incertitude était grande : André Boisclair serait-il reçu par les candidats à l’élection présidentielle des deux grands partis ? Dans un premier temps, les démarches engagées semblaient sans succès. Finalement, on apprenait hier que le chef québécois serait reçu par Ségolène Royal ce lundi et par Nicolas Sarkozy mercredi. Quelques indiscrétions rapportent même que Louise Beaudoin et Philippe Séguin seraient personnellement intervenus pour favoriser une rencontre avec Nicolas Sarkozy. Au demeurant, Nicolas Sarkozy connaît le Québec pour y avoir séjourné à plusieurs reprises.
 
Quel soutien les deux candidats apporteront-ils au Québec dont la qualité de « nation Â» a été très officiellement reconnue par le parlement fédéral d’Ottawa en 2006 ? André Boisclair est certainement venu défendre sa vision des célébrations du 400e anniversaire de la fondation de Québec en 2008 qui, au Canada, est un enjeu historiographique et politique important. Quoi qu’il en soit, la visite d’André Boisclair précède également des échéances électorales prochaines au Québec et l'hôte des autorités françaises pourrait à cette occasion être demain le premier ministre de la Belle Province…

jeudi, 18 janvier 2007

Quatre candidats pour l’entrée d’Israël dans la Francophonie

medium_Carte_israel.2.gifLa question de la participation d’Israël est un débat récurrent en Francophonie. Jusqu’à présent la plupart des pays arabes membres de l'OIF se sont opposés à une telle participation. Le dernier sommet à Bucarest avait même suscité un clivage entre canadiens et français au sujet d’une mention dans la Déclaration proposée par l’Egypte et condamnant les frappes sur le Liban.


Or, Israël compte près de 20% de francophones comme le rappelle le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF). Celui-ci a entrepris d’interpeller dans un communiqué les candidats à l’élection présidentielle de 2007. Quatre candidats déclarés ont d'ores et déjà exprimé leur soutien à l’entrée d’Israël au sein de l’Organisation internationale de la Francophonie. Il s’agit de François Bayrou, Corinne Lepage, Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy. Dans la liste communiquée par le CRIF figure également le premier ministre, Dominique de Villepin.

Ce soutien en exprime à sa façon un autre : aucun de ces quatre candidats n’envisage de remettre en cause l’existence de l’OIF comme certains bruits pouvaient le laisser entendre ces dernières semaines.

dimanche, 14 janvier 2007

La secrétaire nationale à la francophonie à la tribune du Congrès de l’UMP

medium_rama_yade.jpgRama Yade, la jeune secrétaire nationale à la francophonie à l’UMP, faisait partie des 26 orateurs s'exprimant devant les militants de l’Union pour un Mouvement Populaire réunis en Congrès le 24 janvier 2007 à Paris. Dans un discours surtout militant et personnel, elle a néanmoins déclaré qu’« on peut aimer la France tout en ayant ses racines ailleurs Â», qu’elle « imagine la France regarder l’avenir dans sa diversité et défendre sa vision à l’extérieure par une Francophonie moins ringarde Â».

vendredi, 15 décembre 2006

Abdou Diouf parle de Francophonie devant les régions françaises

Le Secrétaire général de la Francophonie était invité le 14 décembre 2006 par les Présidents des Régions françaises (dont Ségolène Royale, Présidente du Conseil régional de Poitou-Charentes), réunies en congrès à Dijon. Dans son discours, il a notamment déclaré que « la Francophonie a besoin d’une coopération décentralisée forte Â» et rappelé qu’il « faut oublier l’époque d’une francophonie préhistorique, perçue comme un bastion arrogant Â».

mardi, 12 décembre 2006

France 24 et TV5Monde dans la balance présidentielle

Interrogé sur le lancement de la chaîne internationale française, France 24,  Ã  l’occasion d’un entretien accordé à l’émission Questions d'info pour LCP/Le Monde/France info (émission du 7 décembre 2006), Arnaud Montebourg, porte-parole de la candidate du Parti socialiste (PS) s’est étonné que l’on « fabrique une chaîne sans supprimer l'autre », jugeant la situation « ubuesque » et pointant « un soupçon de gaspillage des fonds publics ». Il en conclut qu’en cas d’élection de Ségolène Royal à la présidence de la République française : « il faudra regarder la situation au vu de l'économie des fonds publics et de la force que la nouvelle chaîne aura acquise et que l'autre aura conservée »… dès le début de campagne, une épée de Damoclès pèse donc sur l’avenir de l’audiovisuel extérieur.

Il est utile de rappeler toutefois aux candidats que TV5Monde est non seulement une chaîne généraliste et francophone à la différence de France 24 concentrée sur le « tout info » multilingue mais surtout TV5Monde repose sur une coopération  multilatérale entre cinq pays francophones (Canada, Canada-Québec, Communauté française de Belgique, France, Suisse) , en sa qualité d'opérateur de la Francophonie.

 

Dans un communiqué du même jour (7 décembre 2006), les syndicats de TV5Monde  (SUD, CGC, SNJ, UNSA, FO, CFDT) estiment que « France 24 et TV5Monde ont toute leur place dans l'audiovisuel extérieur, chacun dans son domaine »,  rappelant « le travail accompli depuis 20 ans par la chaîne » et déclarant  vouloir se battre « pour continuer à exister ». A bon téléspectateur... (sources AFP)

mercredi, 06 décembre 2006

Ségolène Royal, Israël et la Francophonie

A l’occasion de la venue de la candidate socialiste, Ségolène Royal, au Liban et en Israël, le quotidien Haaretz publie une analyse d'un sociologue israélien, Claude Sitbon dans laquelle il déclare « la politique de la France au Moyen-Orient doit changer, en particulier à l'égard d'Israël ». Le quotidien français Les Echos (5 décembre 2006) qui rapporte également ses propos souligne que « parmi les changements souhaités par le sociologue figure notamment le fait qu'Israël, un pays avec 1 million environ de francophones, puisse rejoindre l'Organisation internationale de la Francophonie, notamment en modifiant sa règle actuelle de l'unanimité » . Le fait de donner à un seul pays, le Liban, le droit d'empêcher Israël de rejoindre l'organisation « est une décision à courte vue et décevante », estime-t-il.
Ségolène Royal qui s’était dite « à l’écoute » n’a, pour le moment, pas répondu à cette demande. Il est vrai que la question qui s’était déjà immiscée au dernier Sommet de la Francophonie à Bucarest peut aussi être posée à l’ensemble des candidats à l’élection présidentielle… en prévision du Sommet de Québec en 2008.

lundi, 04 décembre 2006

Quatre pages sur la Francophonie dans le programme du Parti Radical

Parmi les sept points principaux du programme des Radicaux pour 2007 figure l’objectif de créer « Une France exemplaire dans le monde Â». Pour cela, le Parti Radical, co-présidé par Jean-Louis Borloo et André Rossinot, mentionne la Francophonie et la coopération comme étant « les deux axes concrets qui peuvent permettre à la France de développer ses valeurs universelles ».

vendredi, 24 novembre 2006

Les sénateurs donnent un avis favorable à l'adoption des crédits à la francophonie

La commission des affaires culturelles du Sénat a procédé à l'examen du rapport pour avis sur le projet de loi de finances pour 2007 de M. Jacques Legendre sur les crédits de la mission « Aide publique au développement », consacrés à la francophonie. Elle a donné un avis favorable à l'adoption de ces crédits, le groupe socialiste ayant déclaré s'abstenir.

Le montant global des crédits consacrés à l’action bilatérale de la France en faveur de la langue française et de la Francophonie s’élève donc à 844 millions d'euros en 2007 (contre 863 millions d'euros en 2006).

La France financera en 2007 la Francophonie multilatérale à hauteur de 132 millions d'euros répartis comme suit : 65 millions pour TV5 ; 33 millions pour l’Organisation internationale de la Francophonie ; 30 millions pour l’Agence universitaire de la Francophonie ; 2 millions pour Association internationale des maires francophones ; 1,7 millions pour l’Université Senghor.

 

dimanche, 19 novembre 2006

Nicolas Sarkozy s'engage à simplifier le droits des étudiants étrangers (souvent francophones) en France

Il n’est pas encore officiellement désigné candidat par son parti, il n’est pas non plus ministre de la Francophonie, néanmoins Nicolas Sarkozy, ministre de l’Intérieur s’est engagé à simplifier le droit des étudiants étrangers en France.

 

Ainsi, comme le révèle le journal Le Monde du 19 novembre 2006, dès le début 2007, ils pourront travailler jusqu’à 21 heures par semaine et non plus seulement 17h30. Ils bénéficieront également à la rentrée 2007 d’une carte de séjour pluriannuelle dès lors que ceux-ci seront inscrits dans un « parcours de réussite » sur plusieurs années et dans la perspective d’un master I ou II.

 

jeudi, 16 novembre 2006

Le nouvel Economiste réalise un dossier sur la Francophonie

medium_couverture_nouvel_economiste.jpgLe nouvel Economiste a réalisé un dossier sur la Francophonie dans son édition du 16 au 22 novembre 2006. "ll est urgent de combattre l’indifférence au repli du français. La francophonie pourrait jouer le rôle de laboratoire de la diversité linguistique contre l’uniformisation qui pénalise les économies non anglo-saxonnes" ...[lire la suite]

Une mention est faite à Jeune Francophonie.

 

mardi, 14 novembre 2006

Un peu de francophonie dans le projet de l’UMP

Une petite place a été réservée à la francophonie dans le projet législatif de l’UMP que vient de remettre François Fillon. Celui-ci appelle à « assumer  notre responsabilité en matière de diversité culturelle » (p.10).  Il poursuit « nous sommes pour la diversité culturelle et nous devons être décidés à défendre la culture française et européenne ainsi que la francophonie ».

Suit une série de propositions parmi lesquelles le renforcement des moyens d’enseignement du français à l’étranger, l’élargissement de la carte des implantations culturelles et le regroupement en un seul organisme de l’action culturelle extérieure. Dont acte. Le projet de l’UMP limite donc le champ de la francophonie à l’action culturelle. Reste que cette approche ignore la dimension multilatérale développée depuis 1970 et aujourd’hui relayée par l’Organisation internationale de la Francophonie ou encore TV5 Monde et l’Agence universitaire de la Francophonie. Oubli ou augure?

Enfin, que réserve l'ambition de faire de chaque français un "bilingue": le moyen de "gagner dans la mondialisation" ou une anglicisation généralisée ?

 

Le projet sera examiné jeudi 16 novembre 2006 par le conseil national de l'UMP avant d’être adopté par les militants du 20 au 26 novembre 2006.

mercredi, 01 novembre 2006

Figures de la Francophonie: les Hommes politiques

Cette note présente les principales personnalités politiques ayant œuvré ou oeuvrant encore pour le rayonnement de la Francophonie en France et dans le monde.

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Alain JUPPE : s’il a eu la « tentation de Venise Â», Alain Juppé a préféré lui aussi prendre un chemin plus francophone en partant enseigner un an à l’ENAP (2005-2006). Dans ses discours, il n’a jamais caché son affection pour la langue française.

Jacques LEGENDRE : le sénateur de Cambrai est bien sûr proche de la communauté Wallonie-Bruxelles. En 1992, il a été l’un des initiateurs de la référence à la langue française dans la Constitution. Il est aussi le secrétaire général parlementaire de l’Assemblée parlementaire de la Francophonie.

Jean-Pierre RAFFARIN : l’ancien premier ministre a une actualité francophone chargée. Il a été désigné Grand témoin de la Francophonie lors des JO de Pékin par le secrétaire général de la Francophonie, Abdou Diouf. Il devra veiller à l’emploi du français lors des Jeux olympiques de Pékin en 2008. Il a également été missionné par le chef de l’Etat français pour assurer la participation de la France aux célébrations des 400 ans de Québec en 2008, où se tiendra également le XIIe Sommet de la Francophonie.

Philippe SEGUIN : Né à Tunis, il a enseigné à l’UQAM, au Québec, Philippe Séguin a toujours eu une sensibilité québécoise et francophone affirmée. En 1995, alors qu’il est président de l’Assemblée nationale et à la veille du second référendum sur la souveraineté du Québec, il reçoit avec tous les honneurs le Premier ministre québécois Jacques Parizeau. Il expose ses thèses dans ses derniers livres : « Plus français que moi tu meurs Â» et « Itinéraire dans la France d'en bas, d'en haut et d'ailleurs Â».

A venir : Jacques CHIRAC, Bertrand DELANOE, Alain DECAUX, Louis DUVERNOIS, Laurent FABIUS, Charles JOSSELIN, Jean-Paul HUCHON, Jack LANG, Guy PENNE, Catherine TASCA, Alain DECAUX, François MITTERRAND, Michel ROCARD, etc...

samedi, 30 septembre 2006

Tribune de Patrick et Olivier Poivre D'arvor: "La langue française, grande absente du débat présidentiel"

Sous le titre La langue française, grande absente du débat présidentiel, l’écrivain et journaliste Patrick Poivre D’arvor et son frère Olivier, écrivain et directeur de Cultures-France, ont signé ensemble dans Le Figaro une Tribune engagée en faveur de la langue française, de la culture française et de la Francophonie.

  

Ci-dessous, nous reproduisons la Tribune in extenso parue dans Le Figaro, le 30 septembre 2006

"La dernière balle aura été pour la culture. Nous devions, comme d'autres écrivains de langue française, être présents au Salon du livre de Beyrouth en ce mois d'octobre 2006. Pour cause de guerre, le rendez-vous dans ce vaillant bastion francophone est reporté... sine die ? Ultime dégât collatéral d'un conflit autrement meurtrier.

Naguib Mahfouz, Prix Nobel de littérature, nous disait, il y a tout juste dix ans dans un café d'Alexandrie, que nous avions de la chance d'être nés français : « Dans le monde entier, votre culture, votre langue étaient connues, enviées. C'est votre meilleure carte de visite ! Pourquoi ne pas vous en préoccuper plus, aujourd'hui ? » répétait l'écrivain décédé récemment, en tirant sur sa chéchia. Il ne croyait pas si bien dire.

Rares sont les candidats à la présidentielle à avoir évoqué dans leurs déclarations l'importance de la question de la langue et de la culture françaises en France et dans le monde. En héritiers souvent paresseux, nous dilapidons le capital et semblons ignorer que le monde ne nous attend plus, parle de moins en moins notre langue, s'attache de plus en plus à d'autres cultures.

Il y a mille raisons pour expliquer cette désaffection, ce désamour. Certaines sont acceptables. Une autre, plus irrationnelle, n'est pas moins importante. Nous avons perdu le désir de nous-mêmes. Perdu le goût, la fierté de cette culture si française et si cosmopolite, de cette langue si singulière et si universelle, en même temps. Nous ne nous aimons plus. Comment aimer les autres, dès lors ?

Notre diplomatie culturelle, d'abord. Nos ambassades, il y a quelques décennies, abritaient de grandes figures de la culture française : Claudel, Saint-John Perse, Morand, Giraudoux, Gary...

Nos universités, ensuite. Elles sont aujourd'hui souvent incapables d'accueillir de grands écrivains francophones. L'attractivité des universités anglo-saxonnes, y compris auprès d'étudiants venant de pays francophones, est d'ailleurs écrasante. Autrefois, Aimé Césaire ou Léopold Sédar Senghor étaient mieux accueillis dans les grandes écoles de la métropole...

Notre langue. C'est un fait qu'elle a perdu du terrain, un terrain considérable en vingt ans. L'anglais, l'espagnol, l'arabe, d'autres langues l'ont supplanté. Y compris dans de vieux pays francophiles, l'Espagne, le Portugal, l'Italie, en Europe centrale, au Moyen-Orient, en Amérique latine où l'apprentissage du français n'est plus obligatoire ni encouragé dans l'enseignement local.

Notre culture. C'est probablement ce que nous avons de mieux à proposer au monde. L'État investit beaucoup. Nous sommes encore attendus à ce rendez-vous des valeurs et de la création. La mode, les parfums, le luxe... Nos industries culturelles sont cependant fragiles. Notre cinéma, souvent de qualité, s'exporte bien, même si, économiquement, il représente peu. La chanson française, les musiques actuelles redressent la tête. Notre théâtre, par-delà la réputation d'un Brook ou d'une Mnouchkine, mériterait d'être mieux connu. La danse, la musique, l'architecture et le design contemporains, les arts de la rue et du cirque franchissent allégrement les frontières. 

Notre littérature. Ils ne sont pas si nombreux, hélas, les Salons du livre à l'étranger, comme celui de Beyrouth, qui invitent nos auteurs.

Si nos philosophes, nos auteurs de sciences humaines sont bien connus, il n'en va plus de même pour nos romanciers dont le déficit en terme de traduction est proportionnel à l'extraordinaire accueil que nous faisons en France aux traductions de la littérature étrangère. La situation, partout, est objectivement sinistrée. Si la fiction française est si peu traduite, c'est peut-être qu'on ne rêve ni n'imagine plus en français dans le monde. 

Notre diversité culturelle ! C'est pourtant grâce à l'action de la France que l'Unesco a permis la ratification récente de la convention sur la diversité culturelle - ce que Max Weber appelait en son temps le « polythéisme des valeurs ». Mais que faisons-nous en France même de notre diversité francophone ? Tandis qu'en Afrique, en Belgique, en Suisse, au Québec ou dans d'autres pays, elle représente un enjeu, un défi, en France, malgré l'action de l'opiniâtre Abdou Diouf, elle ne mobilise guère le grand public.

Il faut que la France, grand pays de culture et de création, terre d'asile, laisse ouvertes ses portes aux intellectuels et aux artistes du monde entier qui veulent s'y installer, y vivre quelques années. On oublie de dire que la France doit également aujourd'hui sa réputation à une autre équipe, faite d'artistes, de créateurs, d'écrivains venus du Maghreb, du monde arabe ou d'Afrique noire et installés en France. Il faut penser à leurs cadets qui risquent grandement, faute d'avoir le bon passeport, d'être refoulés aux frontières de notre pays.

C’est pourtant aux artistes étrangers que Paris et la France doivent une part de leur gloire au XXe siècle. D'autres font aujourd'hui honneur à la France... Le dernier Nobel vivant en France et écrivant en chinois, Gao Xingjian. Tous ces « doubles je » dont la contribution mériterait d'être mieux soulignée. 

La France, ces dernières décennies, n'a guère revendiqué ce patrimoine de valeurs, ni beaucoup investi pour son image à l'étranger. Quelques bonnes nouvelles en cette fin de quinquennat, cependant. Le Quai d'Orsay relève enfin la tête et le défi de la mondialisation. 

Une nouvelle agence culturelle, sur le modèle du British Council ; une autre, Campus France, chargée d'encourager l'accueil des étudiants étrangers en France ; une chaîne internationale télévisée d'informations, France 24. Mais ceci suffira-t-il à affirmer dans le monde l'universalité des valeurs chères à notre pays depuis les Lumières ? 

Comment le monde pourrait-il encore avoir le « désir de France », puisqu'en France, nous l'avons perdu ou n'osons plus le revendiquer ?

Que celles et ceux qui font aujourd'hui campagne pour l'élection présidentielle de 2007 n'oublient pas de placer en haut de leurs programmes la fierté qu'il y a à défendre et à faire prospérer une langue et une culture. Dans le vaste monde, certes. Au Salon du livre de Beyrouth, s'il se tient un jour... Mais en France évidemment ! Il y a urgence".

 

Patrick et Olivier Poivre d’Arvor viennent de publier « Disparaître » (Gallimard).

vendredi, 29 septembre 2006

La langue française en chiffres

  • Le français est, avec l'anglais, l'une des deux seules langues parlées sur tous les continents.
  • Le français est la langue étrangère la plus largement apprise après l’anglais et la 9ème langue la plus utilisée dans le monde.
  • 175 millions de francophones sont répartis dans le monde, avec 110 millions de francophones réels et  65 millions de francophones partiels.
  • Avant l’Europe, c’est le continent africain qui détient le nombre le plus important de francophones avec un taux de 11 % par rapport à sa population globale.
  • L’Algérie, non membre de l’Organisation internationale de la Francophonie, comptabilise la seconde communauté francophone au monde, avec environ 16 millions de locuteurs, suivie par la Côte d’Ivoire avec près de 12 millions de locuteurs francophones, le Québec avec 6 millions et la Belgique avec plus de 4 millions de francophones. 
  • Rappelons qu’il y a environ  500 000 francophones en Israël, plus de 700 000 aux Etats-Unis et que l’on évalue à plus de 1,2 millions le nombre de Français expatriés (dont 271 000 aux Etats-Unis).
  • Dans l’Union européenne, le français est en 2e position pour le nombre de locuteurs en langue maternelle à égalité avec l’italien (16 %), derrière l’allemand (23,3 %) et devant l’anglais (15,9 %).
  • Cependant l’anglais arrive de loin en 1ère position pour le classement en langue étrangère (41 %) devant le français (19 %), l’allemand (10 %) et l’espagnol (7 %).
  • Le français fait partie des 6 langues officielles de l’ONU (avec l’anglais, le chinois, l’espagnol, le russe et l’arabe) et des trois langues de travail de l’ONU (avec l’anglais et l’espagnol).
  • Il fait également partie des langues officielles de l’Union africaine avec l’anglais, l’arabe, l’espagnol, le français, le kiswahili, le portugais et « toute autre langue africaine ».
  • 5 % des pages sur Internet sont francophones. Après l’anglais qui représente 45 % des pages Internet, le français est la troisième langue de la toile, après l'allement mais devant l’espagnol (4,5 %)… tandis que 90% des langues du monde ne sont pas représentées sur Internet.
  •  96% de la population mondiale parle 4% des langues existantes dans le monde. Inversement, 96% des langues du monde ne sont pratiquées que par 4% de la population mondiale ! 90% des langues dans le monde sont menacées de disparition au cours du 21ème siècle.

jeudi, 28 septembre 2006

La Francophonie en chiffres

  • 68 états et gouvernements font partie de l’Organisation internationale de la Francophonie, avec la répartition suivante : 53 états et gouvernements membres, 2 états associés et 13 états observateurs
  • Acte de naissance de la Francophonie : en 1970 à Niamey, avec la création de l’Agence de Coopération Culturelle et Technique. En 1970, l’ACCT comptait 20 membres. En 35 ans, le nombre de membres de la Francophonie a été multiplié par 3
  • Les derniers États entrés à l’OIF sont, en 2006, Chypre et le Ghana en qualité de membres associés, et le Mozambique, la Serbie et l'Ukraine,  au titre d’observateurs.
  • La population totale des États et gouvernements membres de l’OIF est de 710 millions. Elle est en moyenne très jeune avec notamment plus de 40 % des Vietnamiens, des Ivoiriens, des Malgaches ou des Haïtiens qui ont moins de seize ans.
  • Les États et gouvernements membres de l’OIF représentent environ 10% de la richesse mondiale, avec de grandes disparités entre les membres. Ainsi le Luxembourg 116 fois moins peuplé que la République Démocratique du Congo possède un revenu national brut 3 fois supérieur. Le Canada et la France font partie du G8 alors que 24 membres de l’OIF figurent parmi les pays les moins avancés (PMA). 
  • L’Etat le plus peuplé de l’Organisation internationale de la Francophonie est : le Vietnam avec 81 millions d’habitants (mais avec seulement 0,2% de sa population francophone) suivi de l’Egypte avec 73 millions et la France avec 61 millions.
  • Le français est langue officielle dans 29 États membres de l’Organisation Internationale de la Francophonie soit seule (12 pays), soit avec d’autres langues (17 pays).